Non, pas amoureuse. Pourquoi amoureuse ? À quoi bon ?
Non, vraiment, ce serait trop idiot. [Puisqu'il ne m'aime pas de toute façon.]
Vous allez me dire - vous aurez raison - "et bien, encore une fois ?" Vous pouvez vous moquer, je suis vraiment bête, je sais. Ou alors vous ne direz rien, c'est vrai qu'on s'en fiche bien...
"ça fait plaisir de te parler" "ma belle" "on se reverra ça c'est sûr" "viens habiter chez moi" "viens vite"
["I was made for lovin' you, baby. You were made for lovin' me" Kiss]
Non, vraiment, c'est trop bête, impossible, il l'a dit lui même.
Je ne comprends rien. Je n'ai rien compris à ce qui m'est arrivée...
Je me suis trompée sur toute la ligne. Et j'ai beau chercher, je ne vois pas à partir d'où, ni sur quoi.
Est-ce moi qui comprend mal ? Serait-ce ses propos qui sont ambiguës ? Serait-ce lui qui fait semblant ?
Je ne comprends rien. Je me sens bien bête. C'est encore moi la gueuze, seule, toute seule...
"tu m'as manqué" "tu sais que je te suis fidèle" "je suis jaloux" "mon coeur est tien, tu le sais" "ma mie que j'aime"
"J'ai trop envie de te voir", pour me donner une superbe claque...
Je m'y ferais. C'est pas comme si je restais butée sur cette histoire.
C'est pas comme s'il me manquait, et que je pensais à lui sans cesse.
Non, c'est vraiment pas comme si je l'aimais - comme si je l'aime...
"Ca fait quoi si je te laisse plus partir ?"
Idiot ! tu n'aurais jamais dû me laisser repartir ! Menteur...
Ravale-les tes "je veux pas que tu partes", parce que je n'y crois pas...
Moi pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit aurevoir, serrée dans tes bras, je sais pas, n'importe quoi...
Saleté de chrono barbare carnivore, viking helvète celte, en kilt, gueux de profession, doublé d'une peau de chèvre qui pue et perd ses poils !!!
[menteur et trompeur] non, je suis méchante... [il aurait au moins pu être profiteur, fait chier]
Tellement gentil. Le plus au monde. Tendresse inexplicable. [Parce qu'il s'agissait bien de tendresse.]
Mais pourquoi ? pourquoi ?
Non, vraiment ça me passe au dessus. Je m'en fiche de lui. On a bien fait la noce, ouais, on s'est bien marré.
"On peut toute sa vie être laissé là,
sans que jamais personne ne juge nécessaire de vous empêcher de rien,
sans que jamais personne n'ait la volonté de changer le cours de vos événements,
sans que jamais personne ne vous entrave ou ne vous fasse dévier de votre propre glissade."
C'était ça ma vie, il m'a semblé. Jamais personne. Et lui, il a été ce quelqu'un.
Je me suis sentie vivre.
Mais pourquoi ? Pourquoi, tout ? C'est encore injuste. Et je ne peux pas arriver à me dire que c'est mieux pour moi que ça se passe autrement. Jamais comme je le veux.
C'est ça, je verrai plus tard, c'est ça. Avec le recul, je comprendrai, bien sûr, évidement.
Il me manque, et c'est atroce. Comme renoncer à la seule chose dont j'ai besoin, finalement. La seule chose, qui ferait merveilleusement vivre toutes les autres choses autour de moi.
Vous allez me dire - vous aurez peut-être raison - que c'est toujours comme ça quand je suis amoureuse - mais je suis pas amoureuse ! Mais, je vous dit non, c'est différent.
Il m'a sauvé la vie.
PS : Finalement j'aurais écrit un long article. Je n'ai vraiment aucune pudeur. Qui ça intéresse ? J'ai pas dû, ce serait sûrement mieux si cela n'était pas réel...
[Pauvre coeur...]
Photo : "A Wish of Weredream" de Shamanski


