Il pleut des cascades lentes, ralenties de notes.

Il pleut des cascades lentes, ralenties de notes.
"The violin, the poet's hand,
Every thawing heart plays your theme with care"

* Nightwish

+

"Les notes du piano tombent comme de petites gouttelettes. Alors je m'imagine des jours éclairés, mais sans soleil. Je me souviens, avant, je voyais cela tout le temps. Alors je m'imagine une de ces gouttelettes me tombant sur le front. Petite et froide. Juste un choc pur et clair. Juste, je m'éveille. Il pleut aujourd'hui. C'est bien. Il pleut des cascades lentes, ralenties de notes. Les notes des Mémoires Blessées. Je m'éveille dans mon sommeil. J'ai dormi longtemps et dormirai encore. La pierre se mouille. Devient de la peau. Je reste là. Rien ne me touche. Ou rien ne semblerait." *

+

Dans ma tête, elle danse sans arrêt, elle tourne sur elle-même. Elle est belle, vous savez. Elle est belle parce qu'elle essaye de faire de son mieux, et parce que les choses viennent de son c½ur. Tout part de là, c'est l'essentiel. Elle essaye d'être pure, et surtout de chasser la haine au loin.

+

J'ai du mal à comprendre - je ne sais pas pourquoi je vous en parle.
Elle. M'appartient-elle ? Est-ce une mémoire ? Est-ce une projection de moi ? Est-ce moi ?
J'ai dû mal à comprendre, c'est comme si c'était le monde extérieur qui m'empêchait de vivre avec moi.
Elle a peur du monde, le monde est froid. Elle a peur et se cache.
Et cette voix dans ma tête, qui pense des choses que je ne pense pas, qui me contredit, qui m'engueulait parfois, qui est-ce ?
Et surtout, où est-elle, cette partie de moi qui, depuis des années, reste manquante ?
L'impression que je ne suis moi qu'en puissance...
Ou alors, toutes ces images/impressions/sentiments dans ma tête ne sont encore que des idéaux à la con, et j'ai pas les pieds sur terre comme les gens de bon sens.
"Y a rien qui va de travers chez lui qu'on pourrait pas remettre droit avec une bonne autopsie."
[Le Fils, Rouge Noir et Ignorant, Edward Bond.]

+

La tête dans les nuages, née la tête dans les étoiles, en silence.
Dans ma tête, il n'y a pas de haine, pas de violence. Comme les montagnes de Terres d'Ouest, ou les champs d'Anderith...
Envie d'un monde d'Amour.
"Kiss while your lips are still red"

+

Je ne sais pas comment m'y prendre avec les autres. Alors je ne fais rien. Je suis seule.
Je manque cruellement de spontanéité, de réciprocité, d'initiatives.
J'ai de mauvaises pensées, qui ne me ressemblent pas, qui pèsent sur mon dos et me font mal. Pas de joie. Habitude. Horreur. Vois pas le positif. Pensées emmêlées, gribouillées en noir. Douleur. Je suis méchante, parfois. C'est horrible. C'est simple aussi : Qu'est-ce que je fais de mal ? Rien. Qu'est-ce que je fais de bien ? Rien non plus.

+

Habitude détestable. Spleen.
Pourquoi j'me barre pas ? J'pourrais sauter dans le premier train v'nu.
Partir en courant. Je sais déjà la direction que je prendrai. Il n'y a qu'une personne qui me donne une direction à prendre.
[Pourtant je partirais bien, errer comme un fou, dans une quête insensée pour trouver ce monde imaginaire qui remplit sans cesse ma tête, sans que je puisse tout comprendre. Peut-être que c'est loin au Nord. On a marché des heures, sans s'arrêter, de peur qu'il parte sans nous, que ce soit trop tard, que ce que soit de notre faute. On a affronté la mer, la neige, et maintenant une jungle qui n'est qu'un désert fait de beauté simple et parfaite. Ce monde, peut-être qu'on le trouve enfin au moment où notre corps devient trop engourdi par le froid. Un dernier instant de lucidité et on se dit "Ça y est, j'ai réussi, je l'ai trouvé." Et on s'endort avec le sourire. Avec ses rêves pour soi, sans que personne ne s'en soucie.]
Mais non, c'est Lui que j'irai voir.

+

J'ai des envies... insensées ?! Des envies anonymes. Je ne les comprends pas, je ne peux pas expliquer...
J'ai constamment dans la tête la mélodie d'une ½uvre, mais elle est sans son. Une mélodie silencieuse.
Je voudrais que de l'or se forme au bout de mes doigts. Je voudrais que de l'or se forme par ma voix.
J'ai une foule d'images dans la tête, un ressenti dans le c½ur, rien de concret.
J'ai soif de quelque chose qui ne m'est pas inné. C'est comme une irrésistible envie de danser pour une personne complètement paralysée.
Envie d'appuyer sur le bouton ON de l'option "COMPOSER".

J'ai envie de créer. J'ai des choses à donner. Des choses en moi que je n'arrive pas à maîtriser.
J'ai envie de tout donner, vous savez, rien pour moi. Mais mon énergie se heurte à ma peau.
Mon c½ur n'est pas un générateur pour alimenter le monde. J'suis qu'une tâche noire.

+

Du mal à avancer. Solitude.
Tout est de ma faute.
Je suis la cause de tout ce qui m'arrive... La solitude, la perte...
Je ne mérite personne...
J'aurais pu me battre, me jeter à genoux devant vous, et vous chanter combien je vous aime... Plutôt que de pleurer ainsi, si pathétiquement, en silence, dans mon lit...
Mais je ne sais pas... Je ne sais pas pourquoi je n'ai rien fait... Je me déteste... C'est pas juste, je ne trouve pas de raison à tout cela.
L'impression que ma vie est faite de ruptures. De personne aimées qui partent, et moi qui reste là.
Et parfois, j'ai des sursauts, et c'est moi qui m'en vais - impression de maîtriser ma vie - et là encore, par ma faute, je les perds.

+

"Where are you now ?"
Douleur : Il me manque une partie de moi. Je ne devrais peut-être pas l'avouer, ce n'est pas concret. Mais quelque chose manque. Je suis comme amputée depuis le début. Je passe mon temps à rêver. Où est la réalité ? Il me manque quelque chose. Qui me l'a volé ? Pourquoi la vie m'en a-t-elle séparée ? Par où chercher ? Que chercher ?[William]

+

Tu sais,
"Je n'ai rien oublié, j'ai grandi. Je t'ai perdu, et les étoiles ne me parlent plus"...
Crise de Nerfs - Parlez-moi d'Amour - , Jean Lambert-Wild
J'avoue tout, ou pas. Je suis l'assassin et la victime. Je me suis tuée. Et le juge. Je me suis punie moi-même. On a pas fait les bons choix. Je crois cela. Je regrette tout... Cela n'aurait jamais dû se passer. J'aurais jamais dû vivre, me prendre cela. Je ne sais plus quoi faire. Que dis-je ? Je ne sais pas quoi faire. Je n'ai jamais su. Je ne fais rien. Je continue à mourir à petit feu. Suis seule. Tout est de ma faute.
J'ai été oubliée. C'est de ma faute. Qu'ai-je fait de bien ? Rien. Et personne ne sait. Personne n'a compris. Tout le monde se trompe. Personne ne sait. Je ne l'ai jamais dit. [Secret] C'est que je suis faible quand je me lamente ici...

"Si un jour tu as besoin de ma vie, viens et prends-la"
La Mouette, Tchekhov [Promis]


+

Selenn





Photo : "Flight" de Larafairie.

# Posted on Sunday, 30 March 2008 at 6:28 AM

Edited on Saturday, 26 July 2008 at 9:15 AM

Black Beauty

Black Beauty
+

+ Memories - Danny Elfman, Black Beauty

+ Nightwish, Oceanborn

+ Andrew Lloyd Weber, The Phantom of the Opera

+ My Lost Lenore - Tristania, My Widow's Weeds

+ Sposa son dispretzata - Vivaldi, Bajazet

+ Leaden Legacy - After Forever, Prison of Desire

+ Nightfall - Blind Guardian, Nightfall in Middle-Earth

+ Haggard, Eppur Si Muove

+ Memory - Andrew Lloyd Weber, The Musical Cats

+ Bittersweet - Apocalyptica

+ The Grand Final - Danny Elfman, Edward Scissorhands

+ Mother of Light - Epica, Consign to Oblivion

+ Michael Nyman, La Leçon de Piano

+ The Key - After Forever, Decipher

+ Nymphetamine - Cradle of Filth, Nymphetamine

+ Fair And Guiling Copesmate Death - Theatre of Tragedy, Velvet Darkness They Fear

+ Twilight Sun - Leaves' Eyes, Vinland Saga

+ Harvest of Sorrow - Blind Guardian, A Night At The Opera

+ Sally's Song - Danny Elfman, The Nightmare Before Christmas

+ My Choice - After Forever, Exordium

+ Jellicle Songs for Jellicle Cats - Andrew Lloyd Weber, The Musical Cats

+ This Is Halloween - Danny Elfman, The Nightmare Before Christmas

+ Epica, The Divine Conspiracy

+ The Diva Danse - Eric Serra, Le Cinquième Élément

+ Mozart, Requiem

+ The Beauty of/and the Beast - Nightwish, Century Child

+ Black Sheep - Sonata Arctica, Silence

+ Out In The Real World - Stream of Passion, Embrace the Storm

+ A Hamlet For A Slothful Vassal - Theatre of Tragedy

+ Niflheim - Therion, Secret of the Runes

+ Angina - Tristania, Beyond the Veil

+ Miklagard Overture - Turisas, The Varangian Way

+ Sweet Art Thou - Theatre of Tragedy

+ The Truth Beneath The Rose - Within Temptation, The Heart of Everything

Selenn





Photo : Carnaval des artistes de Cologne, August Sander

# Posted on Sunday, 30 March 2008 at 6:18 AM

mS,jt'a,ed'eat

mS,jt'a,ed'eat
J'½uvre pour ma propre création...

Ca y est le mécanisme est en marche. Je compte bien avancer, avancer encore. Gravir les marches. Monter toujours plus haut. On a enclenché mon mécanisme - moi, avec l'aide des autres. Et c'est parti, avec en fond sonore le bruit de petits êtres qui chantent, et chantent...
Tu n'aurais pas été là, tu sais, et tu n'aurais pas voulu de moi, rien de tout cela n'aurait été possible.
Merci infiniment...
J'ai confiance, tout ira bien.

Et pour le reste, hauts les c½urs !
Et à Dieu va !


Seule tâche, ces personnes qui me manquent... Parce que vous me manquez énormément, vous savez... Je ne sais pourquoi la vie nous a séparés. Mais meme si vous n'avez plus réellement besoin de moi, sachez que vous me manquez...


Selenn




Photo : par Moi (ça faisait longtemps !...)

# Posted on Thursday, 14 February 2008 at 8:48 AM

Edited on Monday, 18 February 2008 at 4:23 PM

*La Leçon de Piano*

*La Leçon de Piano*
Pour ceux que cela intéresse, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer !
Je suis encore vivante !


Je sais bien que dans ce monde de vivants, cela peut paraître bien banal. Mais moi je ne croyais pas pouvoir dire cela un jour, avant ce 28 décembre dernier. Voilà, je tenais à vous le dire, je ne sais pas, que vous soyez au courant, que vous vous rendiez compte de tout ce que cela peut représenter pour moi. Je suis heureuse, pour la première fois de ma vie. Je suis vivante, et je n'ai enfin plus envie de mourir. Rendez-vous compte, ça me toucherait vraiment, soyez heureux pour moi, non ? Je le méritais ce bonheur, après tout...

Je croyais mourir, à petit feu, et malgré moi. Mourir de solitude, de manque d'amour. Et je me suis dit que je voulais essayer de chercher un peu de bonheur, en toute humilité, au risque de me prendre une claque plus grande encore. Et j'ai trouvé ce bonheur, vraiment. Je ne suis pas morte, bien au contraire, je vis, je vis réellement.

Me jeter du haut d'un pont, et me réveiller dans l'eau, toujours vivante. Et regarder le fond, en souriant, me regarder flotter, et danser. Et rire un bon coup, et au bon moment, donner un grand coup de pied, et refaire surface. Respirer. Me jeter du haut d'un pont, et me réveiller dans l'eau, toujours vivante.

J'essaye d'oublier les douleurs du passé, maintenant. Toutes ces choses, ces vieilles peines qui sont toujours aussi vives... Je n'y arrive pas, et parfois cela me fait encore pleurer sans larmes, cela fait pleurer mon coeur. Un jour, peut-être, après des années, un jour peut-être je pourrai dire que je serai libérée. En attendant de beaux souvenirs me ravissent le c½ur, et toute ma colère a disparu. Je suis encore une convalescente, mais j'avance vite, bientôt je courrai. Parce que j'y crois.
[Et pourtant, je reste les poings serrés, je ne peux pas me résigner à lâcher cela. Je le perdrai pour toujours si je le lâche. Je m'y accrocherai, quitte à m'érafler les coudes et les genoux, même le ventre, le visage, pendant une vie entière. Je veux garder cela en moi, garder cette terrible douleur. C'est de ma faute, maintenant je crois. J'ai été oubliée, de toute façon.]
~




Je stagne, ici. J'apprends des choses qui ne me servent à rien. C'est une soif qui ne demande qu'à être étanchée, cette soif d'apprendre, passer des heures à étudier, savoir, tout savoir. Vivre dans ce monde de théâtre, ce monde d'artistes... Je rêve de grands rideaux de velours. Me cacher, me montrer, jouer avec, jouer avec moi. Tourner sur moi-même, oublier le monde, vivre de cette tricherie qu'est le théâtre, où les relations sont tellement bien écrites, et magnifiquement parfaites, parfaites dans leurs maladresses, et dans leur amour... C'est ça, la réalité que je veux... Cette réalité-là.

Envie de partir. Envie de vivre d'art...
"I don't really want to be like them, the way they behave, the way that they live."
Assez des gens banals autour de moi. Bien sûr il y en a que j'aime énormément. Mais j'espère qu'ils comprendront qu'il faut que je parte, que j'ai toujours su que je partirai. Je ne les oublierai jamais, et les verrai toujours le plus possible. Mais j'ai besoin de connaître d'autres gens, des gens avec ce même amour de l'art, pas forcément comme moi, mais qui partage ce même amour de l'art. Connaître des gens différents, variés, et qu'ils aient tous quelque chose à m'apprendre.

Envie d'apprendre parfaitement le piano, de jouer des morceaux beaux à en crever, me tuer les doigts sur leurs notes. Envie d'apprendre le violoncelle, envie qui me tracasse depuis un an et demi. Envie de gens pour m'apprendre tout ce que je ne sais pas, qu'on se rende compte combien je veux apprendre, malgré ma passivité, malgré mon silence.

Envie d'apprendre la danse, d'expérimenter la danse, de me jeter à corps perdu. Et écouter Apocalyptica, et m'imaginer danser dans le brouillard. Danser, laisser mon corps s'exprimer, sans mots, sans la douleur que m'apporte le fait d'essayer de formuler des mots. Oublier le monde autour de moi, partir de mon c½ur, et le faire parler avec la musique, et propager mon énergie tout autour. Danser, danser encore.

Et le monde peut bien se déchirer que je me battrai pour le bonheur à mon échelle. Pour cette phrase dans Nous les Héros de Jean-Luc Lagarce :
"La Mère : En jouant la comédie, je crois cela - je ne veux pas que vous partiez - en jouant la comédie, vous ne le savez pas, mais vous ferez la Guerre aussi et plus sûrement, avec plus de force que vous ne pouvez l'imaginer."


~



Besoin de... relations artistiques ?! Envie de quelqu'un pour m'aider sortir ces... immenses vagues de sons, de gestes et d'images... que je n'arrive pas à me formuler à moi-même. Qu'on m'aide à créer.
C'est insupportable et je suis bien obligée de le supporter, je parle toute seule. Je parle toute seule, je parle dans le vide, c'est la même chose. Solitude. Assez de cette solitude artistique, besoin de quelqu'un pour vibrer au son des mêmes notes que moi. Pour m'aider à sortir ce qu'il y a dans mon coeur. Silence, c'est silencieux depuis tellement de temps. J'ai peur de parler, je ne sais plus dire ce qui me tient à coeur. J'ai peur que ma voix sorte, j'ai peur de chanter. Et pourtant cela me tient tellement à coeur... Envie qu'on me prenne la main, qu'on me montre, envie de quelque part où je serai en sécurité, où je pourrais réapprendre à parler, à m'affirmer...
Envie - c'est presque égoïste et vaniteux - d'être une petite diva, mais pure... Un peu comme Reira dans Nana. Être chouchoutée par tous les membres du groupe que je n'ai pas encore. Qu'on prenne soin de moi... Je voudrais qu'on croie en ma voix... Je suis encore une petite fille, et je cherche désespérément un environnement où grandir, quelqu'un pour m'apprendre les relations entre les notes, et la façon dont elles vivent, s'aiment. ["Je mets ensemble les notes qui s'aiment." Mozart] Besoin qu'on me guide, qu'on m'aide à chanter, je vois bien que je n'y arrive pas seule.

Cette vie d'art, c'est cela que je veux pour ma réalité...


~



Et dans cette réalité, dans les coulisses de mes rêves de scènes, revenir dans Ses bras. Quitter le temps dramatique, et être comme en dehors du temps, pour ne pas Le quitter...
Partir d'ici, pour Le retrouver, toujours pas totalement, mais plus. Plus de trop grande torture, de trop grande distance, de trop grand manque. Vivre ce que ces amoureux trouvent banal, mais qui pour moi reste encore un trésor. Pouvoir Le retrouver. Vivre d'amour avec Lui... Vivre avec Lui des choses tellement belles qu'on n'ose qu'en rêver...
Essayer de ne pas se plaindre, de faire comme si je supportais bien cette situation. Il me manque, c'est pourtant vrai. J'ai choisi, j'ai fait ce choix, je ne regrette rien. Je suis vivante, donc je Le reverrai. Solitude. Rêves. Bientôt ce sera réel à nouveau. Être réellement avec Lui, pas croyable, mais réel, magnifique... Je Lui ai laissé un bout de mon c½ur, je sais qu'Il en prend soin.
Bientôt je reviendrai. It's a Promise, comme cette promesse sans mots, dans La Leçon de Piano... *
[...] ("Des mots pour toi, mais que je ne dis pas".)
Je t'aime...



*Sans sens, un tourbillon de sentiments...*

Selenn




Photo : de La Leçon de Piano, de Jane Campion

# Posted on Sunday, 03 February 2008 at 6:53 AM

Edited on Sunday, 03 February 2008 at 7:13 AM

l Arrogance l Dark Sanctuary l L'Être Las - L'Envers du Miroir l

l Arrogance l Dark Sanctuary l L'Être Las - L'Envers du Miroir l

C'est décidé, plus aucun pas de côté, travailler, travailler, travailler... Me noyer dans le travail. En espérant que cela fera passer le temps plus vite. Me noyer dans le travail pour pouvoir partir plus vite et dans les meilleures conditions. Fini ma vie sociale, j'abandonne cela, je n'en veux plus, fini. Cela fait trop longtemps que ça ne rime plus à rien... Rêve juste de mon départ, de quelque chose de mieux. Je ne sais pas où j'irai, mais j'espère trouver ce qu'il me faut. Lasse d'attendre, de patienter. Ça suffit, pitié...

Que dire aux gens qui me disent qu'ils sont là si j'ai besoin de parler. Je leur parlerais de détails sans importance, sans arriver à leur faire prendre conscience qu'au-delà c'est tellement plus... Je ne sais pas parler, ce n'est pas avec la gifle qu'elle m'a donnée que cela pouvait s'arranger. Je parlais peu - j'écrivais, comme j'écris encore maintenant - mais depuis je me suis tue. Personne ne peut dire qu'il connaît mes sentiments réels, pas même moi. J'ai oublié, j'ai tout oublié... Je voudrais me reposer, oui, du repos enfin...

Je vois le brouillard voler au vent, à la lumière du réverbère à ma fenêtre. La nuit tombe. Les branches des arbres ne sont qu'ombres effrayantes. C'est magnifiquement torturé, j'aime à nouveau. J'aime à nouveau cette torture. Devrai-je m'inquiéter ? Finalement je n'ai aucune cohérence... Aucune, je suis si ridicule, stupide. Je sais juste me plaindre, voilà tout.

Je n'ai qu'une envie, partir, et si on me propose, j'ai peur. Peur de l'inconnu, peur de ce que deviendront mes rêves d'avenir si je plaque tout... J'en ai envie tous les jours, et pourtant ce ne sera pas possible par ma faute... Je me hais, parfois. Parfois non, et heureusement, il n'y a qu'avec moi que je vis, parfois. Elle me manque, la sécurité de mon chez moi. Je suis incapable de me sentir bien ici. Quelque chose ne va pas, je ne saurais pas dire quoi... M'en aller, oui, m'en aller...

Insupportable, une véritable peste. J'en suis venue à ne plus rien supporter, ni personne d'ailleurs. À quelques exceptions. J'ai voulu croire que j'étais mieux seule, et j'en viens à le penser réellement. Je voudrais du calme, que les gens arrêtent de s'exclamer de joie autour de moi. Je voudrais qu'on me laisse en paix. Que s'arrêtent les critiques inutiles, non fondées, non pensées, dites seulement pour l'humour. J'en peux plus de ce monde qui ne tourne pas au même rythme que moi. Calme et paix. Un peu de repos. Je deviens insupportable, et je sais que plus tard on me le reprochera. J'aurais ma conscience pour moi, que j'ai très bien vu tout cela, que j'avais remarqué, mais que c'était volontaire. Je deviens égoïste et aveugle, je ne m'occupe plus de personne, seulement de moi. Parfois, il y a de petites étoiles toutes brillantes qui viennent voler autour de moi, et je prie réellement pour leur bonheur. Tout pour elles. Je m'oublie. Je ne veux pas que quelqu'un soit gêné par moi. J'oublie que je ne supporte rien. Je crie intérieurement, silencieusement. Jamais je ne leur dirai que ça ne va pas, que je n'en peux plus, que je suis à bout de force, que je voudrais les fuir...

Une folle, une malade. J'ai mal vous savez, c'est de là qu'elle vient, ma méchanceté. Je ne suis pas méchante moi, je veux croire cela... J'ai toujours eu à coeur d'être gentille. J'ai même arrêté de détester, il est vrai que je ne voulais qu'aimer. Ça aussi, ça commence à s'émietter, à tomber en poussière. Comme ma foi en la vie, les anges sont là pour mes petits problèmes, et m'aident, je les en remercie. Mais qu'en est-il de cette promesse de vivre ?

Sûrement qu'elles ont raison. Me reste en travers de la gorge cette conversation avec elles, où l?on parlait d'amour. M'a dit qu'inconsciemment je tombais amoureuse de garçons avec qui je savais que je n'avais aucune chance. Suis-je vraiment si pathétique que ça ? C'est faux, ce n'est pas vrai... Suis-je destinée à passer ma vie seule, à me complaire dans ces situations désespérées ?
Et quand j'y repense... Je n'ai jamais rien voulu tant que je voudrais qu'on m'aime. Et pourtant, quand ça arrive, je suis incapable de saisir l'occasion. Je voudrais un jour pouvoir enfin obtenir ce que je veux... Ce que je veux moi... M'a dit que celui que je m'imaginais, l'idéal, n'existait pas. Que mon idéal était beaucoup trop haut, que ça ne m'apporterait que des déceptions... Je savais bien que dans le fond elle se trompait, mais je n'ai pas pu lui dire. Ça ne se formulait pas dans ma tête, juste un patchwork d'images, de sons, de sensations et de sentiments. Je ne pouvais pas parler, je ne voulais pas parler, je ne parlerais pas, c'est devenu trop dur, je ne sais pas ce que c'est.

À celui qui sait ce qu'il me faut, je te prie de me sortir de là. Oui, j'ai sûrement de grands idéaux, mais comment faire ? J'ai passé ma vie à rêver ma vie, rien n'était réel, le bonheur que je voulais ne voulait pas de moi. J'ai rêvé ma vie. Sans que rien ne vienne me trouver, sans que personne ne me prenne par la main, et m'emmène vers ce que je veux... J'ai rêvé ma vie, et je continue à penser que je ne mérite pas ma solitude... C'est terrible, vous savez. Cette solitude, glacée, glaciale. Les larmes me viennent, je les ignore, elles disparaissent. C'est cela, la neutralité dans laquelle je me trouve.

J'ai voulu croire que j'étais mieux seule, et j'en viens à le penser réellement. J'ai mis de côté mes sentiments, pour ne plus souffrir, et maintenant je ne ressens plus rien. Où parfois je ressens une profonde tristesse qui prend racine dans chaque événement de mon existence. Une tristesse vraie. Parfois je ressens de la tristesse, et je me dis que je partirais bien, et que le monde que Tim Burton et Danny Elfman ont tissé serait très bien pour moi. Je me vois bien danser dans le noir, je me vois bien ne pas me voir.

Je ne sais plus parler. J'ai la gorge serrée quand il s'agit de dire quelque chose d'important. Je suis devenue horrible, finalement. Je suis devenue comme ces gens que je ne supportais pas, à dire que des choses sans importance. Non, c'est faux, je ne suis pas comme ça. Parce que finalement je me tais... [C'est dans ce silence-là que je me vois danser.] C'est beau vous savez. J'ai de grands rêves, je n'arrive pas toujours à les comprendre, mais c'est beau. Ce sont pleins de sentiments, je n'arrive pas à l'expliquer. Ça n'a pas de substance, pourtant c'est tout ce qui me reste...

Le brouillard se lève, c'est un monde en noir et blanc qui se dessine. C'est mieux ainsi, j'aime la brume, j'aime le froid et la fumée qui s'échappe de ma bouche quand je respire, c'est bien mieux ainsi. J'aurais tellement voulu respirer réellement... Dans le brouillard, la brume m'entoure elle au moins, et m'isole, quelqu'un pourrait bien être près que je suis isolée, seule. C'est mieux que cette solitude malsaine, cette solitude au milieu des autres. Je voudrais bien marcher, sans voir réellement, jusqu'à me perdre. Ne plus pouvoir penser qu'ici n'est pas ce qu'il me faut, qu'ici est beau mais que mes yeux pleins de larmes ne peuvent pas voir. Tout cela me paraît bien inutile.

J'écoute Dark Sanctuary. Je me retrouve sur un toit. Et il pleut. Il n'a que très peu cessé de pleuvoir, il n'a même jamais cessé, le beau temps, ce n'était qu'une illusion. On m'a menti. Je voudrais bien monter sur le toit du monde. Quitter l'existence, errer avec beauté. Vous regarder vivre, me nourrir de votre bonheur, et ne plus me faire croire que le mien viendra. Me réjouir pour vous, et ne plus vous envier, ne plus jamais vous envier. Savoir, comprendre et capituler, ne plus rêver l'impossible, Abandonner la vie, Ne plus y penser, oublier.

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

Son image me revient en tête. Je pense à elle souvent. Il me semble qu'elle s'efface, c'est horrible. Avant, j'entendais son rire, parfois, comme ça, rien d'autre que son rire. Maintenant c'est le silence. Ça me manque tellement tout cela. Cela ne sera jamais dit, je me tais. J'entendais son rire, et c'est comme si tout ce monde de sécurité se redessinait, que rien n'avait changé, que je n'avais pas à avoir peur. Je suis morte de peur maintenant. Qui pourrait me guérir de ça ?

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

J'ai encore peur maintenant. J'ai de nouveau cette peur, d'aller à nouveau vers l'autre après m'être pris une claque. Je ne sais plus rien montrer. Et, je viens de m'en rendre compte, cela fait que les gens ne comprennent pas qui je suis réellement... Mais est-ce vraiment moi ? Ou est-ce qui je veux être ? Rien autour de moi ne m'aidera à affirmer qui je suis... Selenn, reste avec moi, restons ensemble comme autrefois. Plus de déchirement, non... Assez de ces contradictions. Ne me quitte pas, ne me force à te combattre...

Qui voudra de moi ? Se pourrait-il que des personnes voudraient vraiment de moi à leur côté ? Qui sera là ? Qui me promettra de m'aider à vivre ? Je voudrais qu'un jour quelqu'un m'explique avec un sourire tendre, que ce n'est pas tant de voir le soleil qui est important, tant qu'il se reflète dans la neige. Parce que la neige, c'est encore cela qu'il me faut, réellement...

Je ne supporte plus de voir des amoureux. Je retourne encore dans mes rêves, je rêve encore d'une histoire parfaite, de quelqu'un pour m'aimer, m'aimer vraiment, m'aimer comme je rêve qu'on m'aime. C'est mauvais, je le sais pertinemment, c'est terriblement mauvais... Que puis-je faire ? Que reste-t-il à faire ? Attendre patiemment ? Attendre comme quelqu'un qui laisse venir les chances dans la vie ? Comment me battre ? Que puis-je contre cette situation... Rien...
Je sais, je sais, pas la peine de me le répéter, quand la chance s'est offerte à moi, j'étais tétanisée par la peur, et je n'ai rien pu faire. J'avais mal, vous savez. Peur de l'échec, peur de l'abandon, peur qu'on ne veuille pas de moi. Peur de faire un pas avant d'être forcée de reculer, reculer plus loin que le point de départ...
Lancelot, je l'aimais vraiment. Je sais bien que c'est peu croyable, parce que je n'ai rien montré, lui-même ne s'en rendait pas compte. Et j'étais ridicule, tellement ridicule, à attendre je ne sais quoi, alors que j'étais incapable d'affirmer ce que je voulais, incapable de me battre pour l'avoir... Personne ne me croyait, je pense. Ils ne savent pas... Pourtant, je le voulais. Dieu, ce que je le voulais...

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

C'est étrange... Je suis tellement en manque d'affection que je ne supporte plus qu'on soit affectueux avec moi. C'est étrange... Tellement l'impression que ce n'est pas de ça dont j'ai besoin, sans pouvoir réellement dire que je voudrais vraiment. Je me sens complètement ridicule, à ne rien trouver supportable, alors que j'ai de bonnes conditions. Je suis une égoïste, une enfant gâtée, qui jamais n'a connu de réels problèmes pour vivre.

Mon seul problème a été le même que tout le monde sur Terre - tout le monde connaît mon cas, on est tous passé par là, ce n'est pas nouveau, c'est parce que je ne suis encore qu'une adolescente - mon problème a été d'aimer.
J'aurais jamais dû aimer... Je n'aimerai plus, je tiendrai bon cette fois, je n'aimerai plus tant qu'on ne m'aura pas promis que je ne souffrirai plus... Je ne veux plus embarquer mon coeur une autre fois dans ces méandres tellement tumultueux que les eaux me submergent. C'est fini, je ne veux plus...

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

Tant pis pour cette vie que je m'étais imaginé. Tant pis pour cette perfection. Tant pis pour le bonheur. Il nous reste encore le sexe et la drogue. Le rock n' roll, non merci, je préfère le métal. Heureusement qu'il est là, lui, ça me permet de tenir le coup. Lui au moins, il me fait des promesses de bonheur qu'il tient. Il me procure mes plus grands moments de joie... Pour ce qui est du sexe, je trouve ça dégoûtant et inutile vu à quoi il nous sert de nos jours, dans ce monde. Et pour ce qui est de la drogue, je crois être trop droite pour ça, peut-être un jour, mais alors il faudra vraiment s'inquiéter, non je n'en suis pas là. Ou alors c'est dans ma tête.
Cela ne sert à rien, ce que je dis ne sert à rien. Tu es bête, Selenn. Mais ouais, évidemment, il faut bien que je me convainque que je mérite mon sort. Bien sûr que je suis bête.

Finalement, peut-être n'ai-je pas avancé du tout. Je pensais avoir fait des efforts, je pensais avoir fait des progrès. J'avais la foi. Je pensais que rien ne pouvait plus vraiment m'atteindre. Je me pensais protégée. Je me croyais plus forte que n'importe quoi. Je pensais que tout se passerait bien, que tout se passerait comme je me l'étais imaginé. Sombre conne, voilà ce que je suis, une sombre conne. Tu ne serais pas venu me chercher, tu sais, jamais je n'aurais pu faire tout cela. Tu ne m'aurais pas abandonnée, tu sais, je ne serais pas en train de penser que tout cela n'a servi à rien. Tu ne m'aurais pas abandonnée, tu sais, j'aurais été capable de tellement de choses, capable de tellement... J'avais envie de changer, que tout s'illumine. "Where are you now ?"
J'ai glissé. J'avais finalement de moins en moins d'importance. Complètement futile. "Am I that unimportant ?... Am I so insignificant ?..." C'est terrible, vous savez, penser qu'il n'a plus besoin de moi. Fini. Plus rien. Fin. Je pourrais bien disparaître...

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

Je commence à pleurer pour des choses qui n'en valent pas la peine, et quand je meurs de douleur, pas une larme ne vient. Ou alors une, silencieuse. Je me souviens de ce moment, dans son lit, droite, les yeux grands ouverts, fixant le plafond. Je me souviens de combien j'avais mal au coeur, une telle douleur... Ma vie s'écroulait, et je ne pouvais encore rien faire. J'ai pleuré à ce moment-là. Je n'aurais pas dû, mais j'ai pleuré. Et pourtant, quand j'y repense, je me suis retenue de pleurer... J'aurais vraiment laissé sortir ma douleur, j'aurais fui jusqu'au cours d'eau le plus proche avant de me précipiter dans les flots... Pas une seule partie de mon corps n'était pas douloureuse. Tellement atroce. Je l'aimais. Il ne se rend pas compte, il ne sait pas tout ce qu'il s'est écroulé pour moi cette nuit-là...
J'ai peur de le revoir. J'aurais tellement aimé que rien ne change, qu'il soit toujours là, et qu'il prenne toujours soin de moi... J'avais besoin de lui. Un gueux, un vrai gueux, et cette fois que je le dis avec amertume...
Peur, peur... Terrifiée... Que faire à présent ? Paix, je voudrais un petit peu de paix...

Oublier que je t'ai aimé. L'oublier pour toujours.

Une idée qui trotte dans ma tête, calme et claire : je ne m'en sortirai pas...



C'est pas comme cela que je voulais que les choses se passent. Ce n'est même pas le bon ordre pour mes mots. C'est tout, c'est rien. N'importe quoi. J'aurais pas dû parler, c'est trop tard. C'est pas grand chose.
Ce n'est pas cela que je voulais dire. Bon, reprennons, ce que je voulais dire, c'est que je ne sais pas parlé. Voilà, c'est dit.
Tu es vraiment trop stupide. Ça suffit...




Selenn







Photo : "Solitude Sounds" de Shamanski.


# Posted on Sunday, 16 December 2007 at 4:41 AM

Edited on Saturday, 26 July 2008 at 9:16 AM