"Je voudrais vous quitter... Tu n'entends pas."
"Moi je ne peux rien promettre. Je ne veux rien promettre.
Toute réalité se transformera toujours pour moi en tourments.
Tu devrais m'aider à partir, chacun ici devrait m'aider à partir."
"Tout l'après-midi encore - est-ce que je peux dire ça ? - tout l'après-midi encore, j'ai réfléchi à mon Grand-saut-par-la-fenêtre...
Ça me plaisait assez, l'image du petit singe écrasé cinq étages en contrebas."
"Je vais être encore plus seul qu'avant mais ce n'est pas une mauvaise chose, car on m'abandonnera, on m'oubliera, [...] je serai définitivement mis de côté, oublié, silencieux, je pourrai disparaître, silencieusement, sur la pointe des pieds, personne ne s'en rendra compte."
À quoi sert-il encore de parler ? Je ne comprends pas.
Mon père m'a offert une petite rose avant-hier soir. Il voulait que je sourisse. J'ai souri. Parce qu'il est toujours aussi adorable. Mais au fond de moi, je pensais "J'ai des difficultés avec une fleur, dit le Petit Prince".
Finalement, je ne sais pas ce que je vais faire de mon mois d'août. Je partirais bien... en Finlande ! Je vais aller me noyer dans la neige de Finlande. Peut-être qu'on respire mieux, la tête dans la neige. Moi, j'ai besoin de respirer tout court. Je partirais bien avec juste mes rêves en poche. Faut pas croire, ça pèse lourd.
Parfois, j'ai envie de me raser le crâne. Et avec mes cheveux, tisser une corde pour pouvoir me hisser jusqu'en haut du toit du monde. Les montagnes me manquent.
Je n'ai jamais réussi à profiter complètement de ma vie. Parce que je n'étais jamais ici et maintenant. J'étais toujours là-bas et plus ou moins bientôt. Particulièrement ces quatre derniers mois, concrètement. Maintenant je suis nulle part et jamais plus. Tant pis... qu'est-ce que j'y peux ?
Il y a tellement de choses que j'aurais aimé dire. J'attendais la certitude la sécurité - qui ne viendra jamais. Même parfois j'aurais aimé raconter des choses qui me tenaient simplement à c½ur. Je ne sais pas pourquoi à toi, enfin si, mais non. Je n'ai rien dit. Finalement, je ne les dirai jamais. C'est pas comme si c'était important...
Espoirs impossibles pour une Lune désespérée...
L'autre soir, ce soir-là, la Lune était rouge sang. La lune saignait et elle alla mourir sur la pointe des toits.
Je suis Selenn.
("Elle écoule les jours dans une solitude lunaire.")
("Comment est la nuit ? Claire.")
Jeudi soir, j'ai fait un rêve. Un long rêve qui me tint toute la nuit. J'ai rêvé de Princesses et de Dragons. Il est encore possible de rêver après des journées comme celle-là ? J'ai trouvé cela d'une incohérence terrifiante...
Et vendredi soir, j'ai rêvé que tu ... Et c'était tellement beau que c'en était horrible. Parce que c'est terminé...
C'est horrible de penser combien j'avais envie de m'améliorer... Vous savez, je... J'avais tellement envie, je désirais tant... J'aurais pu... Et ça aurait été parfait...
"Mais le canard n'entrera jamais dans la mare. Il s'est fait plomber en plein vol."
Je vis la même vie, avec mes peurs. Elle n'ont pas disparu. Sauf que maintenant il n'y a plus de "tout s'arrangera, bientôt tout ira bien". Peurs qui se multiplient à mesure que le temps passe.
C'est lorsque je fais un effort pour sourire que j'ai le plus mal au c½ur...
Le reste du temps, ce n'est que neutralité froide pour une réalité froide.
C'est cette distanciation qui me fait le plus de mal. Rêver à des choses heureuses, au bonheur. Parce qu'il y a toujours un retour à la réalité.
À quoi cela sert-il de rêver encore ? N'as-tu pas appris une leçon ?
Ne rêve pas de cela. Cela ne te consolera pas de penser que cela s'arrangera. Parce que c'est impossible. Le retour à la réalité est pire. Si toute fois tu ne te perds pas en chemin. Ne te perds pas dans tes fantasmes illusoires.
Ça me tue de rêver comme avant... Mais ce ne sera jamais possible, putain ! Arrête ! Pauv' conne...
J'avais presque la force de penser à combattre mes vieux fantômes. Me réconcilier. Faire la paix. Oh, la paix... Je désire tellement la paix... Mais j'ai plus la force, je ne veux plus.
J'ai plus la force ni le courage de m'accrocher à mes rêves. Je suis paumée. Je m'en fiche, de ça aussi. Et je suis la première à trouver ça triste. Pourtant, j'étais sur la bonne voie pour me battre pour ce que j'aime.
Et je me retrouve là, impuissante. Oui, pour ça, ça pour sûr, je me serais battue... Mais je ne peux rien faire.
Je ferais tout... Une misérable.
Ce n'est plus qu'un secret. Secret gardé maintenant sous clé.
Personne ne l'atteindra, ne me l'enlèvera.
Non, jamais...
Je n'oublierai jamais. Je l'ai promis.
Photo : "Strident Spill" de Tofan.


