Adieu vilain-petit-canard.

Adieu vilain-petit-canard.
J'aime Karl. Sincèrement...

"Je voudrais vous quitter... Tu n'entends pas."

"Moi je ne peux rien promettre. Je ne veux rien promettre.
Toute réalité se transformera toujours pour moi en tourments.
Tu devrais m'aider à partir, chacun ici devrait m'aider à partir."

"Tout l'après-midi encore - est-ce que je peux dire ça ? - tout l'après-midi encore, j'ai réfléchi à mon Grand-saut-par-la-fenêtre...
Ça me plaisait assez, l'image du petit singe écrasé cinq étages en contrebas."

"Je vais être encore plus seul qu'avant mais ce n'est pas une mauvaise chose, car on m'abandonnera, on m'oubliera, [...] je serai définitivement mis de côté, oublié, silencieux, je pourrai disparaître, silencieusement, sur la pointe des pieds, personne ne s'en rendra compte."


Karl dans Nous les Héros de Jean-Luc Lagarce


À quoi sert-il encore de parler ? Je ne comprends pas.

Mon père m'a offert une petite rose avant-hier soir. Il voulait que je sourisse. J'ai souri. Parce qu'il est toujours aussi adorable. Mais au fond de moi, je pensais "J'ai des difficultés avec une fleur, dit le Petit Prince".

Finalement, je ne sais pas ce que je vais faire de mon mois d'août. Je partirais bien... en Finlande ! Je vais aller me noyer dans la neige de Finlande. Peut-être qu'on respire mieux, la tête dans la neige. Moi, j'ai besoin de respirer tout court. Je partirais bien avec juste mes rêves en poche. Faut pas croire, ça pèse lourd.

Parfois, j'ai envie de me raser le crâne. Et avec mes cheveux, tisser une corde pour pouvoir me hisser jusqu'en haut du toit du monde. Les montagnes me manquent.

Je n'ai jamais réussi à profiter complètement de ma vie. Parce que je n'étais jamais ici et maintenant. J'étais toujours là-bas et plus ou moins bientôt. Particulièrement ces quatre derniers mois, concrètement. Maintenant je suis nulle part et jamais plus. Tant pis... qu'est-ce que j'y peux ?

Il y a tellement de choses que j'aurais aimé dire. J'attendais la certitude la sécurité - qui ne viendra jamais. Même parfois j'aurais aimé raconter des choses qui me tenaient simplement à c½ur. Je ne sais pas pourquoi à toi, enfin si, mais non. Je n'ai rien dit. Finalement, je ne les dirai jamais. C'est pas comme si c'était important...

Espoirs impossibles pour une Lune désespérée...
L'autre soir, ce soir-là, la Lune était rouge sang. La lune saignait et elle alla mourir sur la pointe des toits.
Je suis Selenn.
("Elle écoule les jours dans une solitude lunaire.")
("Comment est la nuit ? Claire.")

Jeudi soir, j'ai fait un rêve. Un long rêve qui me tint toute la nuit. J'ai rêvé de Princesses et de Dragons. Il est encore possible de rêver après des journées comme celle-là ? J'ai trouvé cela d'une incohérence terrifiante...

Et vendredi soir, j'ai rêvé que tu ... Et c'était tellement beau que c'en était horrible. Parce que c'est terminé...

C'est horrible de penser combien j'avais envie de m'améliorer... Vous savez, je... J'avais tellement envie, je désirais tant... J'aurais pu... Et ça aurait été parfait...
"Mais le canard n'entrera jamais dans la mare. Il s'est fait plomber en plein vol."

Je vis la même vie, avec mes peurs. Elle n'ont pas disparu. Sauf que maintenant il n'y a plus de "tout s'arrangera, bientôt tout ira bien". Peurs qui se multiplient à mesure que le temps passe.

C'est lorsque je fais un effort pour sourire que j'ai le plus mal au c½ur...
Le reste du temps, ce n'est que neutralité froide pour une réalité froide.

C'est cette distanciation qui me fait le plus de mal. Rêver à des choses heureuses, au bonheur. Parce qu'il y a toujours un retour à la réalité.
À quoi cela sert-il de rêver encore ? N'as-tu pas appris une leçon ?
Ne rêve pas de cela. Cela ne te consolera pas de penser que cela s'arrangera. Parce que c'est impossible. Le retour à la réalité est pire. Si toute fois tu ne te perds pas en chemin. Ne te perds pas dans tes fantasmes illusoires.
Ça me tue de rêver comme avant... Mais ce ne sera jamais possible, putain ! Arrête ! Pauv' conne...

J'avais presque la force de penser à combattre mes vieux fantômes. Me réconcilier. Faire la paix. Oh, la paix... Je désire tellement la paix... Mais j'ai plus la force, je ne veux plus.
J'ai plus la force ni le courage de m'accrocher à mes rêves. Je suis paumée. Je m'en fiche, de ça aussi. Et je suis la première à trouver ça triste. Pourtant, j'étais sur la bonne voie pour me battre pour ce que j'aime.

Et je me retrouve là, impuissante. Oui, pour ça, ça pour sûr, je me serais battue... Mais je ne peux rien faire.
Je ferais tout... Une misérable.

"J'emmène au creux de mon ombre des poussières de toi."
Ce n'est plus qu'un secret. Secret gardé maintenant sous clé.
Personne ne l'atteindra, ne me l'enlèvera.
Non, jamais...
Je n'oublierai jamais. Je l'ai promis.



Selenn





Photo : "Strident Spill" de Tofan.

# Posted on Sunday, 18 May 2008 at 1:11 PM

Edited on Saturday, 26 July 2008 at 9:11 AM

Je déteste le mois de mai. Je le hais. Enfin, je me dis qu'il n'y a que trois dates. Il en reste encore vingt-huit pour me tuer encore un peu plus. Allez-y, je baisse les armes, allez-y riez et achevez-moi. Je hais le mois de mai. Je voudrais oublier. Je devrais faire comme dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind. M'effacer la mémoire. T'oublier. Tout oublier. Ou alors je pourrais m'ouvrir le crâne et aérer mon cerveau, à jamais. Là, j'oublierai...

Je déteste le mois de mai. Je le hais. Enfin, je me dis qu'il n'y a que trois dates. Il en reste encore vingt-huit pour me tuer encore un peu plus. Allez-y, je baisse les armes, allez-y riez et achevez-moi. Je hais le mois de mai. Je voudrais oublier. Je devrais faire comme dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind. M'effacer la mémoire. T'oublier. Tout oublier. Ou alors je pourrais m'ouvrir le crâne et aérer mon cerveau, à jamais. Là, j'oublierai...

Pourquoi parler de ça ?


"On se dit que l'bon temps passe final'ment J'aimerais que tu sois pour un moment
Comme une étoile filante" Mon étoile filante.

Pourquoi parler de ça ?


Jeter au loin toutes mes projections de bonheur.
Tant pis. Plus Rien. Terminé.

Plus Rien, comme les Cowboys Fringants :

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis
Je ne peux plus marcher, j'ai peine à respirer
Adieu l'humanité... Adieu l'humanité...


J'ai retrouvé un vieil ami hier. Ça faisait un an que...

Ce matin très tôt, après une heure de marche, je ne sais pas pourquoi j'ai fait demi-tour. Je n'aurais pas dû.

Je n'aurais pas dû commencer à parler


L'horizon s'efface, comme de la pluie sur une toile de peinture à l'eau.
J'avais construit mon horizon autour de... Plus Rien. Terminé.

J'ai perdu mon port d'attache.
Je dérive lentement.

"Pour moi, c'est l'heure de foutre a la poubelle mon coeur, et pour de bon."

"Au fond le c½ur qu'on m'avait donné n'aura été qu'un beau cadeau empoisonné."

Il me faut un c½ur de pierre, pour me faire couler tout au fond de l'Océan Glacial Arctique.
"La Noyée"

Pourquoi ne m'arrêtez-vous pas ?


Je voudrais revenir en arrière, tout recommencer.
Ou ne jamais commencer. Ne jamais naître. Ne jamais vivre.

Je voudrais recommencer à partir de ce 24 mai 2004.
Et ne pas le faire.
Ne jamais aimer.

"Et surtout, ne jamais oublier, quoiqu'il arrive, ne jamais se laisser tomber amoureux"

Je me suis construite sur de mauvaises bases : l'amour et la souffrance.
Surtout l'amour. Et la souffrance qui toujours va avec.

S'il vous plaît, faites-moi taire : je ne peux pas m'arrêter de parler


Ce que ce monde m'a appris ?
C'est que la liberté, on la trouve quand on se met un flingue sur la tempe et qu'on tire.
Fabuleux coup de feu, prendre feu, éruption de volcan.

Libre. Libérée. Je m'envole.
Et peut-être que je trouverai un endroit où j'ai ma place. Ce monde, dans ma tête.

"I leave with my bodkin and my tears in my hands"

Je veux m'en aller.

"J'ai peur de quoi ? J'ai peur de toi, enfin de moi sans toi"...

Selenn





Photo : "Late angel - windy" de Shamanski

# Posted on Thursday, 15 May 2008 at 6:23 AM

Edited on Saturday, 26 July 2008 at 9:13 AM

The Sound of Silence

The Sound of Silence
*

Cry with a smile
My heart is bleeding
Bewildered I'm here alone
Why is there pain in beautiful moment ?
Why do I feel so lost, so empty ?

Take my heart and set it free
Take my heart and give it time to heal
Take my heart a little while
Take it with you to the place you'll go

Cry with a smile
My heart was dreaming
Of time I knew would come to an end
Why do I cry about a beautiful memory ?
Why do I feel so hurt, so lonely ?

"Cry with a smile", After Forever



Je ferais mieux de me taire ?
"Quoi que je fasse, ce n'est qu'une sorte de one woman show dans le vide." [Nana, Ai Yazawa]
C'est ce manque d'affection qui me faire dire tout et rien. Surtout rien, rien et n'importe quoi.

J'ai le coeur rempli d'un amour, d'un amour qui semble n'être qu'en puissance... d'un amour immense et inconditionnel... d'un amour silencieux... presque douloureux...

Tais-toi. On s'en fout. Oublie-toi.

Peur de tout gâcher. Avec mes sentiments qui débordent de partout. On m'a dit que mon problème est que je suis trop passionnée. "Étalage de transports".

Mais pourquoi je me sens si désespérée ?
"Comme il fait sombre ! Je ne comprends pas pourquoi j'éprouve une telle inquiétude." [La Mouette, Tchekhov]

Il me suffirait d'un mot. Ou trois alors.

Qu'est-ce que je dis ? Chut...
Ça sert à rien.

Selenn




Photo : de Moi.

# Posted on Friday, 09 May 2008 at 9:19 PM

Edited on Wednesday, 14 May 2008 at 3:21 PM

"Make my heart a better place"

"Make my heart a better place"

"One light for each undeserved tear" ?
Two for Tragedy, Nightwish

"All my agony fades away, when you hold me in your Embrace"
All I Need, Within Temptation


(But No Embrace)
(Never, never, never...)

Selenn




Photo : "Embace" de Janet Century


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# Posted on Saturday, 03 May 2008 at 5:02 PM

Edited on Thursday, 15 May 2008 at 7:50 AM

"C'est en cherchant un endroit pour mourir que je me suis retrouvée ici" Nana - Merci...

"C'est en cherchant un endroit pour mourir que je me suis retrouvée ici" Nana  -  Merci...
[...]

"Va, je me suis perdu, je ne suis pas ici. Ce n'est pas Roméo, il est allé ailleurs."

Roméo et Juliette, Shakespeare

[...]

"Oui, j'ai le spleen, compliqué de mélancolie, avec la nostalgie."

Victor Hugo

[...]

GOLAUD. — Qu'y a-t-il, Mélisande ? Pourquoi pleures-tu tout à coup ?...

MÉLISANDE, fondant en larmes. — Je suis... Je suis souffrante aussi...

GOLAUD. — Tu es souffrante ?... Qu'as-tu donc, Mélisande ?...

MÉLISANDE. — Je ne sais pas... Je suis malade aussi... Je préfère vous le dire aujourd'hui ; seigneur, je ne suis pas heureuse ici...

GOLAUD. — Qu'est-il donc arrivé, Mélisande ? Qu'est-ce que c'est ?... Moi qui ne me doutais de rien... Qu'est-il donc arrivé ?... Quelqu'un t'a fait du mal ?... Quelqu'un t'aurait-il offensée ?

MÉLISANDE. — Non, non ; personne ne m'a fait le moindre mal... Ce n'est pas cela... Mais je ne puis plus vivre ici. Je ne sais pas pourquoi... Je voudrais m'en aller, m'en aller !... Je vais mourir si l'on me laisse ici...

GOLAUD. — Mais est-il arrivé quelque chose ? Tu dois me cacher quelque chose ?... Dis-moi toute la vérité, Mélisande... Est-ce le roi ?... Est-ce ma mère ?... Est-ce Pelléas ?...

MÉLISANDE. — Non, non ; ce n'est pas Pelléas. Ce n'est personne... Vous ne pouvez pas me comprendre...

GOLAUD. — Pourquoi ne comprendrais-je pas ?... Si tu ne dis rien, que veux-tu que je fasse... Dis-moi tout, et je comprendrai tout.

MÉLISANDE. — Je ne sais pas moi-même ce que c'est... Si je pouvais vous le dire, je vous le dirais... C'est quelque chose qui est plus fort que moi...

GOLAUD. — Voyons ; sois raisonnable, Mélisande. — Que veux-tu que je fasse ? — Tu n'es plus une enfant. Est-ce moi que tu voudrais quitter ?

MÉLISANDE. — Oh ! non, non ; ce n'est pas cela... Je voudrais m'en aller avec vous... C'est ici que je ne peux pas vivre... Je sens que je ne vivrai plus longtemps...

GOLAUD. — Mais il faut une raison cependant. On va te croire folle. On va croire à des rêves d'enfant.

Pelléas et Mélisande, Maurice Maeterlinck

[...]

"Leland, pourquoi avoir fait ça ?
- À cause de la tristesse.
- Quelle tristesse ? La tristesse de qui ?
- Votre tristesse."

"The United States of Leland", Matthew Ryan Hoge

[...]

Rêve d'un pays sauvage...

"Naked in midwinter magic"
"Sacrament of Wilderness", Nightwish

[...]


Ça devient de plus en plus présent de jour en jour.
Comme une idée innée.
Quelque chose d'inscrit dans mon esprit.
Inscrit depuis la naissance, ou encore avant.
"C'est dans ma cervelle comme un clou" [La Mouette, Anton Tchekhov]
Je me le dis plus chaque jour : "il faut que je m'en aille..."
Ca devient presque urgent.
C'est urgent
J'ai peur du monde dans lequel je vis.
Peur...
Je ne suis pas née dans le bon monde.
Je ne suis pas née pour cela...
Le monde que je m'imagine est tout autre...

[...]


[Ce monde, peut-être qu'on le trouve enfin au moment où notre corps devient trop engourdi par le froid. Un dernier instant de lucidité et on se dit "Ça y est, j'ai réussi, je l'ai trouvé." Et on s'endort avec le sourire. Avec ses rêves pour soi, sans que personne ne s'en soucie.]

[...]

Le Grand Voyage ?

[...]

Partir pour toujours ?
Voyage irrémédiable ?

[...]

Trouve une autre solution. Ça doit exister. Ça existe forcément ! Sinon, cette existence n'a plus aucun sens... J'ai peur d'imaginer un échec. Je repousse toujours à plus tard. Je me dis qu'un jour... J'ai peur d'un "jamais"...

[...]


"Vas-t'en, Selenn !...
Cours, pars, ne regarde pas derrière toi.
Quelque chose t'attend, tu le sais.
Tu le sais, tu le sais...
Tu ne sais pas ce que c'est, mais tu le sais."

[...]


Tiraillée...
Tiraillée...
Tiraillée, comme le cocher qui doit conduire un attelage dont les deux chevaux ont en tête une direction différente. Complètement opposée.
C'est l'image parfaite.
L'un vieux, calme, un peu fatigué rêvant de paix.
L'autre jeune, fougueux, rêvant d'être un acteur du monde.
Ça fait longtemps que je vis avec eux.
C'est dur aujourd'hui.
Tiraillée...
Fatiguée...

[...]

Requiem Aeternam

[...]


J'étais bien là-bas, c'était à mi-chemin entre rêve et réalité. J'étais bien, je n'avais plus toutes ces douleurs, ces peurs en tête. J'étais bien, et je ne sais pas pourquoi je suis partie. Tout revient au galop.
Je me dis "patience, sois patiente". Mais je me rends compte que c'est bien plus effrayant que cela. Je suis terrifiée, par les dates, par demain qui ne veut rien dire, terrifiée tout court. Je suis effrayée par l'incohérence de la situation. Je ne trouve pas de raison à tout ça... Perdue...
J'ai mal au c½ur... C'est la musique qui fait ça.* C'est toi qui fait ça... [Je t'aime] [...]
Je m'en veux d'aller mal, alors que tu fais que les choses vont si bien. Je suis nulle...
J'étais mieux que bien avec toi. Pas envie de te quitter... *trop tard*
Mais pourquoi ?...
Des envies d'éternité...

[...]

"Tu sais, Hachi,
Quand le vent marin m'enveloppe,
Le son des vagues m'attire doucement...


Mais je suis incapable de rejeter cette vie que tu as sauvée..."
Nana, Ai Yazawa




Selenn





Photo : "Mountains" de Raphaël Lacoste.

# Posted on Friday, 18 April 2008 at 6:06 AM

Edited on Saturday, 26 July 2008 at 9:14 AM