Land of the Dead

Land of the Dead
*
J'avais commencé à m'y faire.
J'avais commencé à esquisser une nouvelle histoire.
Et je reviens, ici, encore,
comme pour confirmer que seulement ça a de l'importance.
Je ne sais pas comment m'en sortir,
je ne sais pas comment me battre.


"Il ne suffit pas de tirer un trait sur nes erreurs et nos blessures pour qu'elles disparaissent.

Même maintenant, je continue à appeler ton nom, malgré ma douleur...

Je continuerai jusqu'à ce que tu me répondes..."


Je n'ai rien oublié. Jamais je n'oublierai.
La vie continue. D'autres choses se construisent.
Je me réjouis de n'être plus seule.
Je me réjouis d'être aimée.
Mais qu'est-ce que ça change ?


"C'est en l'observant que j'ai appris à parler"


Je me souviendrai toujours de ce jour, novembre 2008.
Ce jour où j'ai réalisé, ce jour où tout me fut révélé.
Je me suis réveillée et je savais tout.
J'avais décidé il y a un mois de tout abandonner.
Et maintenant je revis ce jour, décembre 2009.

On a beau essayer, j'ai essayé, mais rien n'y fait.
J'ai beau essayer de continuer, de me battre.
"Pendant que je vivrai avec, que je me débrouillerai avec,
pendant que des jours passeront où je n'y penserai même pas"
I will always belong the




Land of the Dead




Toujours cette même envie de hurler.
De tout hurler.
Et toujours ce son reste coincé dans mon c½ur,
et les larmes coulent et coulent et coulent.
Toujours cette même envie de mourir.

Pourquoi tu m'as menti ?
Pourquoi tu m'as abandonnée ?

Jai rêvé que tu revenais me chercher.
Et c'était comme si tout à coup,
"avec toi, je tombais enfin dans les bras de ma vraie vie"

Un jour, on sera heureux. Je te le promets.
Un jour, on partira tous les deux.
Pleure pas. Faut plus qu'on pleure.

J'attendrai.
Que tu reviennes me chercher.
Et ça sera beau.




"Upon the plain, there rushed forth and high
Shadows at the dead of night and mirrored in the skies"




Quoiqu'il arrive, je serai toujours là.
Quoiqu'il arrive, je t'attendrai.








Selenn







Photo : "Ne me quitte pas" de Day-light.
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# Posted on Monday, 28 December 2009 at 9:02 PM

Wicked Game - Chris Isaak

Wicked Game - Chris Isaak
*

[...]


Vais-je passer ma vie à te chercher ?


[...]


"Va te faire foutre puisque tu me rejettes en n'étant jamais là,
va te faire foutre puisque tu me donnes l'impression d'être de la merde,
va te faire foutre puisque tu me saignes à blanc de l'amour putain et de la vie."
Sarah Kane, 4.48 Psychose
"Pourquoi suis-je frappée ?
Je cherche toujours à comprendre mais je n'y arrive pas."
Sarah Kane, Manque
"ma soumission finale
ma défaite finale"
Sarah Kane, 4.48 Psychose

[...]


Tu as oublié


[...]


À quoi je ressemble ?


[...]



+++++++++++



[...]


I have a problem that I cannot explain
System of a Down, Roulette

[...]


No I don't wanna fall in love


[This love is only gonna break your heart]


With you

Chris Isaak, Wicked Game

[...]


"Et encore et toujours la même putain d'excuse.
La main crispée sur une poignée de sable.
Désolée."

Sarah Kane, Manque

[...]


I don't wanna love you in no kinda way,

No, no, I don't wanna a broken heart

I don't wanna play the broken-hearted girl.

Beyonce, Broken-hearted girl

[...]


No I don't wanna fall in love


[This love is only gonna break your heart]


With you

Chris Isaak, Wicked Game

[...]


Désolée.
Cruelle.
Wicked Game.
Désolée.


[...]


Nobody loves no one
Chris Isaak, Wicked Game

[...]



+++++++++++



[...]


+ "Je ne sais pas dire non" de Bonbon-a6dule *
+ "Eternity - V 2" de Shamanski *
+ "Wrong angel - 22 sec of love" de Shamanski *
+ "Breathe girl... Breathe" de Suzi9mm *
+ "Thos fleeting moments" de Suzi9mm *
+ "Uniqueness - 3" de Suzi9mm. *


[...]




Selenn



*

# Posted on Sunday, 29 November 2009 at 10:06 AM

Edited on Sunday, 29 November 2009 at 10:19 AM

Norvège

Norvège
*
"Prise le tabac et boit de la vodka... Toujours en noir."
La Mouette, Tchekhov


Hier soir, j'ai rêvé que tu revenais me chercher.
Enfin.
Et c'était étrange.
Cette longue léthargie prenait fin.
Victoire.
C'était comme si tout à coup,
"avec toi, je tombais enfin dans les bras de ma vraie vie".
Incendies, Wadji Mouawad
Ô ténèbres, Ô désespoir...


C'est comme si l'attente avait pris fin,
éclipsée par les mensonges que je me raconte à longueur de journée.
Je suis d'un triste, c'est pas croyable.
Tout ça c'est faux, et je le sais.
Quand est-ce que ça s'arrête ?

J'ai fait cent fois le même plan, de quoi faire quand le désespoir se fait trop sentir.
J'ai déjà prévu mille fois ce que je devrais faire.
Je sais très bien que je devrais enterrer mon coeur
sous les mille livres que je dois lire
et les mille films que je dois voir
et les mille chansons que je dois écouter.
Quand est-ce que ça commence ?
Quand est-ce que j'y arrive ?
Pourquoi est-ce que je ne crée pas,
plutôt que de rester sur place, à attendre néant ?

Je suis en colère.
Constat.
Ca faisait longtemps.
Je m'étais dit "plus jamais".
Je ne me rendais pas compte que je ressentais tellement de colère.
Je suis dans un état durable de colère.
Je suis colérique.
J'ai envie de hurler, de tout casser.
C'est pas moi ça, je ne suis pas comme ça.
Je ne me rendais pas compte que tant de colère était enfouie.
C'est en partie de ta faute, tu sais. Ne crois pas que tu n'y es pour rien. C'est en partie de ta faute.
Mais comme toujours, c'est dabord de la faute de cette garce de vie.

J'en pleurerais, tellement je ne veux pas être si en colère.
J'en pleurerais de cette injustice qui n'arrête pas de me tomber dessus.
J'en pleure.


STOP


JE NE VEUX PLUS


STOP


STOP


STOP



Les amoureux anonymes !
L'amour, moi j'ai arrêté depuis trois mois et demi.
Ça va, c'est pas si dur, parce que je suis anesthésiée.
Sans ça, je ne pourrais le supporter.


Tu me détestes ?
Moi je me déteste.
Je déteste déjà cette vie [...]

Pourquoi tu m'as menti ?

Pourquoi tu m'as menti ?


Je voulais être vraie. Mais comment je peux l'être sans savoir la vérité ?

Comment je peux continuer alors que rien n'est réconcilié ?

Comment je peux changer les choses alors que je ne sais pas où elles en sont ?



Je voudrais hurler.

"Je n'en peux plus, moi, de tenir."
Platonov, Tchekhov
Rendezlemoi.Rendezlemoi.Rendezlemoi.Jesuisentraindedevenirfolle.

Je voudrais juste une raison de vivre, une de celles qui permettent vraiment de vivre.


*


"Je ne sais pas ce qu'il se passe, ni depuis quand, ni pourquoi, ni pour quelle raison."

"Cette nuit, en rêvant, j'en suis venu à la conclusion qu'il était grand temps pour moi de me vider de l'intérieur. Un peu comme les Japonais, tsé : tu te plantes un sabre dans le ventre, deux coups, de droite à gauche, de bas en haut, et tout ce que t'as dans les tripes te sort en un seul tas et te tombe devant les yeux. Là, calmement, tu dois savourer le sentiment de vide et de calme qui s'empare de toi."

"Toi, là, tu te demandes pas si ça a un sens ou pas ? Quand tu regardes la neige tomber, c'est sûr, y a pas vraiment de sens. Mais la vie, crisse, c'est pas comme la neige, ou alors j'aime mieux chauffer la mienne au soleil pour que tout se mette à fondre et qu'il n'en reste pas grand chose !"

"C'est sûr : c'est utile ! Mais à quoi ça sert si je ne parviens pas à calmer ma colère ? Qu'est-ce que je peux faire pour avoir le sentiment que je suis vivant ? Comment ça se fait que plus je grandis, moins j'ai l'impression d'être vivant ? Monsieur, qu'est-ce que ça veut dire, être vivant ?"

"Murdoch est mort parce qu'il n'y avait rien en quoi il arrivait à croire."

Assoiffés, Wajdi Mouawad


*


Les jolies choses sont sur toi et t'en rêves

Les jolies choses sont devant moi et j'en crève



Mais, moi, j'y suis pour quoi ?

Qu'est-ce que je dois faire ?

Dites-le-moi ! Je vais mourir, sinon !

Qu'est-ce que vous faites de moi ?

Tchekhov, Platonov







J'ai rêvé que tu revenais me chercher

"et qu'avec toi, je tombais enfin dans les bras de ma vraie vie"

Incendies, Wadji Mouawad







Selenn








Photo : "the cell for two - infinity 2" de Shamansky.
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# Posted on Friday, 20 November 2009 at 6:20 PM

Edited on Saturday, 21 November 2009 at 10:22 AM

Mais, et moi ?

Mais, et moi ?
*
IT'S THE MOST LONELIEST DAY OF MY LIFE


Je foutrais bien le feu à tout ça.

Quand est-ce qu'on arrête ?

Quand est-ce que ça s'arrête ?

J'en peux plus d'être si seule...


"Tant de lumières au dehors, et pas une pour te guider."
Jean Lambert-Wild, Crise de Nerfs

Ce n'est pas comme ça que les choses devaient se passer...
Pourquoi cela se passe-t-il comme ça ?
Ce n'est pas de ma faute.
...
N'est-ce pas ?
...
N'est-ce pas ?
...
Qu'est-ce que j'ai fait de mal alors ?

Je veux tout réparer. Tout recommencer.
Avant, quand je regardais en arrière,
je me disais que j'avais envie de recommencer,
et de ne pas le faire.
Maintenant, si je recommençais, je le ferais,
je m'y jetterais à corps perdu,
et jamais je ne laisserais quoi que ce soit me quitter.



Ce n'est pas comme ça que cela devait se passer.



"Les jolies choses, faudra t'y faire
Dans ta tombe, elles n'existent pas

Ces jolies choses des filles sans voix
Quand on y touche on brûle ses doigts
Elles sont sur toi et t'en rêves
Elles sont devant moi et j'en crève


Dis moi est-ce que c'est mieux en bas ?"

Les Jolies Choses

Dis-moi, pourquoi est-ce que par moment je cesse d'exister ?
Pourquoi suis-je si insignifiante ?

J'en crève, de penser à qui j'aurais voulu être, qui j'aurais pu être, surtout.
Si on avait bien voulu me donner ma chance.
Si on avait bien voulu m'aider.
Help.


RSVP dès que possible.

HELP.



ET QUOI ?

Quoi maintenant ?




Tout est de ma faute.
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Dites-moi, et je tue cette partie de moi.
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?


ET QUOI ?




Où chercher un sens à tout ça ?
Jusqu'où devrai-je aller ?
Suis-je vraiment destinée à partir de plus en plus loin ?
À me retrouver à nouveau seule par ma faute ?
À quitter ceux que j'aime ?
Tout ça pour chercher un sens qui ne vient pas ?

Tout ce que je fais sera toujours vain ?
Où irai-je quand je devrai me rendre à l'évidence que c'est fini ?



Mais qu'est-ce que je vais devenir ?



Quoi que je fasse, je suis malheureuse, finalement.
Inutile.
Non, je ne suis pas courageuse.
Je suis une incapable de tout.


Mais qu'est-ce que je vais devenir ?

Quand est-ce que ça s'arrête ?




J e - v o u d r a i s - d e s - r é p o n s e s .
J e - v o u d r a i s - c o m p r e n d r e .
J e - v a i s - d e v e n i r - f o l l e .




"Tu devras bien un jour raconter la vérité à quelqu'un."
Rodrigo Garcia, Jardinage Humain



R e n d e z - l e - m o i .
R e n d e z - l e - m o i .
R e n d e z - l e - m o i .
R e n d e z - l e - m o i .
J e - s u i s - e n - t r a i n - d e - d e v e n i r - f o l l e .




"C'est en l'observant que j'ai appris à parler"
Jean Lambert-Wild, Crise de Nerfs



"Love me before the last petal falls
Don't you know this tale
In which all I ever wanted
I'll never have
For who could ever learn to love a beast ?"

Nightwish, The Beauty and the Beast
Des bêtises, ça s'appelle des bêtises. Et moi, j'adore.

"Et maintenant à qui parler ?
Dans cet abysse
Où l'on vit par replis
Dans ce bout du monde
Où les humiliés
Amoureux de leur curieuse insignifiance
Se caressent pour s'apaiser ?
Faut-il prier !
Faut-il crier !
Ou comme eux
S'accorder des faveurs pour échapper à la douleur ?

Heureux
Celui qui sait tomber à terre.
Heureux
Celui qui se laisse outrager."
Jean Lambert-Wild, Crise de Nerfs
Je rêve d'autres moments comme ça. C'était bien, non ?

"Dans les tombeaux des filles de joie
On rigole bien des filles comme moi"


Pauvre conne.
Je vais me faire prendre à mon propre jeu, je crois.
C'est déjà fait. Déjà, je ne suis rien.

Tout ce que j'ai pu faire où dire qui allait à l'encontre de ma santé mentale et au delà de ce que je pouvais supporter, je l'ai fait avec plaisir.
Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait avec plaisir.
Tout les moments où je me suis sentie humiliée, et ils ont été nombreux, je ne les regrette pas.
"Even in your pride, I never blamed you" Nightwish, Two For Tragedy


J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de ma patience.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte que mon mérite.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de tout ce que j'ai enduré.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte que j'avais raison de faire ce que j'ai fait.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte que j'avais raison.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte que ça en valait la peine.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de mes blessures.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte que je n'ai jamais ni oublié, ni guérit.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de tout ce que j'aurais été capable de faire pour toi, si seulement j'avais pu.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de tout.
J'espère qu'un jour quelqu'un se rendra compte de tout, et que je pourrais me dire qu'au moins quelqu'un m'a remarquée.
J'espère qu'un jour quelqu'un me remarquera.


[Je reste encore émerveillée quand je pense aux quelques moments où j'ai pu rencontrer Stephan. J'ai eu raison de suivre mon coeur dans un voyage non raisonnable. Je voulais connaître cet homme dont je suis tombée amoureuse de la voix, et je l'ai rencontré. Et étrangement, c'est lui qui a eu l'air le plus étonné de me rencontrer. C'est grisant... ce sentiment que... quelqu'un te porte un intérêt sincère... que tu n'est pas totalement insignifiant. Je me suis sentie importante, comme je ne m'était pas sentie depuis trois mois. J'ai touché cet homme. Il a été touché par moi. Moi. Et bien, ça restera un des plus beaux moment de ma vie...]




"J'ai avalé, menti, oublié, j'ai laissé mon lit baigné de sueur, j'ai accepté, convaincu,

souffert, pensé, griffé, mordu.

J'ai soutenu, affronté, maudit, je me suis éclaté, j'ai pleuré et on m'a oublié.

J'ai perpétué, observé, je me suis traîné, j'ai soigné seul mes blessures.

Je me suis repris, je suis revenu sur mes pas,

mes os se sont ressoudés en quinze jours.

Je me suis noyé dans un verre d'eau, j'ai marché dans le sable face au vent.

J'ai su excuser, j'ai su aimer et jamais je n'ai su faire durer l'amour.

Et je me suis arrêté, j'ai passé du temps sans rien faire.

Et j'en suis resté là.

J'ai promis de ne pas refaire pareil, j'ai refait pareil,

j'ai vécu cent fois la même vie."


Rodrigo Dargia, Jardinage Humain





Mais, moi, j'y suis pour quoi ?


MOI, J'Y SUIS POUR QUOI ?


Mais moi, qu'est-ce que je vais faire ?


Qu'est-ce que je dois faire ?


Dites-le-moi ! Je vais mourir, sinon !


QU'EST-CE QUE VOUS FAITES DE MOI ?


Q U ' E S T - C E - Q U E - V O U S - F A I T E S - D E - M O I - ?

Tchekhov, Platonov






J'ai été bien sotte. Sotte de penser que ça existait encore. J'existe pas.
Je me sens juste sotte, laissée pour compte.
Souviens-toi, remarque donc, je puis exister. Cela peut m'arriver, et c'est tellement beau... C'était tellement beau...
Je me sens juste sotte d'avoir avoué que j'y pense encore alors tu as oublié depuis longtemps.



POURQUOI ?



Je suis juste une toute petite chose malheureuse.

RSVP dès que possible !
Si vous êtes passé, si vous avez lu, laissez ne serait-ce qu'un "j'ai lu".
RSVP


Personne n'écoute...
Personne ne parle.


"C'est en l'observant que j'ai appris à parler"
Jean Lambert-Wild, Crise de Nerfs



Selenn








Photo : "Touch" de Porcelainveins.

# Posted on Tuesday, 20 October 2009 at 1:39 PM

Edited on Friday, 06 November 2009 at 7:08 PM

My heart, that bareless prison...

My heart, that bareless prison...
Si vous saviez le nombre d'heures que je passe à écrire et composer ces trucs nuls que personne ne lira ! C'est bien pathétique. Je croyais ne plus pouvoir écrire, je pensais être seulement capable d'orchestrer des citations. Pourquoi j'écris ? C'est tellement inutile...



"J'ai passé ma vie à assembler les morceaux d'un puzzle

C'était fini et je regardais l'image

Alors un ami a cogné la table

Les pièces du puzzle s'envolèrent comme volée de moineaux dans les airs et retombant,

reformèrent l'image

Mais l'image est différente

Une balle m'a traversé le cerveau de part en part et a laissé une traînée de brume dans le ciel"


Edward Bond, Rouge noir et ignorant



"Si j'étais Dieu, j'aurais pitié du c½ur des hommes..."
Maeterlinck, Pelléas et Mélisande


Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. La réalité ne correspond pas à la vérité. Ce n'est pas comme cela que cela devait se passer. Rien ne correspond à la vérité. La vérité est un immense et monstrueux mensonge. Tout n'était que mensonge. Mensonge. Sinon cette réalité ne pourrait pas exister.

Vide. Je suis vide. Je ne ressens rien. Rien. Vide. J'ai le c½ur sec. Je ne ressens pas la douleur que je devrais ressentir. Et ce n'est pas mieux ainsi, ce n'est pas rassurant. Je ne ressens rien et c'est pire que tout. Une coquille vide. Vide.

Je ne devrais pas parler de mensonges. Parce que je ne veux pas que tu avoues que tu mens. Je veux les garder, ces mensonges. Je veux garder au fond de moi ces secrets que personne ne comprend, que personne ne peut même s'imaginer. Ce secret que moi seule ai vu. Ce secret que tu nies constamment. Je veux garder ce mensonge. Sans ça je n'ai plus rien. Une misérable. "Ici, Recouvert de moi Je tisse une couverture d'oubli Aux motifs mensongers Pour me protéger du froid." [Jean Lambert-Wild, Crise de Nerfs]

Je suis incapable d'oublier. Et c'est avec délice que je me souviendrai toujours. Personne, pas même toi, ne pourra m'enlever ça. Ces mots que tu as dit et que jamais plus tu ne reconnaîtras, ces regards, cette vulnérabilité, cette confiance mutuelle, ce don, ces trois mots que tu as dit sans le vouloir, ce mensonge-là. Et bien d'autres choses encore, trop nombreuses pour être citées. Je me rappelle souvent tout cela avec émerveillement. Je me rappelle du goût unique que cela avait. Je ne veux plus rien vivre d'autre maintenant, je veux me noyer dans ces souvenirs avec un bonheur certain et magnifique, sachant qu'il y a eu cela, et que cela c'était tout.

Plus jamais nous ne vivrons dans la même réalité ? Nos vérités sont-elles si différentes ? "Je fais don de moi-même. Don de mon c½ur." [Sarah Kane, Manque] Je ne regrette rien. Si c'était à refaire tout en sachant l'issue, je le referais. C'est sûrement une erreur, oui. Je voudrais pouvoir faire les mêmes erreurs toute ma vie, sans jamais me guérir de ça. "J'ai pensé que je pouvais mourir tellement je le voulais. Je n'en pouvais plus, tellement je le voulais." [Nana]

Je suis capable de tout. Je ne suis capable de rien. Je suis incapable de me battre. Je ne veux plus me battre. Pourquoi est-ce que personne ne remarque mes combats ? Pourquoi n'ai-je pas le droit à de la reconnaissance ? Juste un "tu t'es bien battue". Un "ça en valait la peine, et tu as eu raison". Un "même si tu étais à l'avance et depuis le début perdante, tu eu raison de t'accrocher". Remarquez, on pourrait croire que c'était peu, une petite bataille de rien du tout. Mais non, ça m'a demandé tant de forces... Je suis une faible. Je suis une incapable de tout.

L'autre jour, j'ai chanté et j'ai été agréablement étonnée par la voix que j'ai sortie. J'en suis capable. Mais je n'ai pas la force, je n'ai pas la force... Pourquoi personne ne veut croire comme moi à mes rêves ? Juste poser une main sur la mienne qui essaye de s'y accrocher ? Me soutenir ? Me guider ? Me dire que j'ai raison...

Je n'ai pas la force, je n'ai pas la force. "Je suis tellement seul putain tellement seul". [Sarah Kane, Manque] Pourquoi personne ne voit l'étendue de mon usure ? Je suis si fatiguée... Est-ce parce que c'est contre-nature de se sentir comme centenaire à dix-huit ans ?

Je n'y arriverai pas toute seule. Je suis une incapable de tout. Et c'est la vérité.
Je disais vouloir être vrai, et bien je ne veux plus le penser. Je veux vivre dans mon mensonge. Je vais me perdre dans ce mensonge. Dans ce qui aurait pu être, dans ce que je méritais de vivre. C'est quoi la finalité de tout ça ? Ce n'était pas ça, mes prières ! Ce n'était pas ça, MON RÊVE !...

La vérité ? Ce que je t'ai dit, je me rends compte maintenant que ça peut très bien être faux. Bien sûr que je pourrais t'abandonner. Je n'ai pas la force de rester alors que tu n'as pas besoin de moi. Je voulais tant te guérir... À mettre dans la case "échecs". Ça ne dépendait pas de moi, et ne dépendra jamais de moi. Moi ? Avoir cette force ? En être capable ? Moi ? Faire une différence ? Non, mille fois non.

Faudrait peut-être que je prépare mon voyage vers le Nord ? Qu'est-ce qu'on emmène ? Aucun vêtement chaud.
Faudrait peut-être que je fasse un bébé ? "J'ai besoin d'aimer, je ne sais rien faire d'autre". [La Rue Kétanou, Ma faute à toi] Je sais pourquoi je suis née. Ce pourrait être une création magnifique, d'avoir un enfant.
Je sais pourquoi je suis née, et bizarrement, cela me fait souffrir. Pas d'espoir. Pas d'espoir. Attendre que les choses arrivent. Ou rien. Incapable d'obtenir les choses que je veux, alors ne plus rien vouloir. Et attendre. Attendre qu'on se souvienne de mon sort. Qu'on se souvienne, j'existe un petit peu. Pas d'espoir. Rien. Vide. J'existe encore un petit peu. Jusqu'à quand ? Désespoir.

Je voudrais bien me combattre, combattre ma nature. Que cessent ce calme et cette douceur. Je voudrais bien faire n'importe quoi. Me raser le crâne. Déformer ma vision. Tordre ma conscience. Me couper l'annulaire. Verrouiller l'accès à mon sexe. Me marquer le c½ur au fer rouge, signe d'appartenance, comme une reconnaissance de l'humilité et de la fidélité dont j'ai pu faire preuve sans qu'on ne le remarque, sans qu'on ne s'en soucie.

La vérité ? On s'en fout. Tout le monde s'en fout. La vérité ? "Y a rien qui va de travers chez [moi] qu'on pourrait pas remettre droit avec une bonne autopsie". [Edward Bond, Rouge noir et ignorant.]
Ce pourrait être amusant de voir mon sang couler, sans en éprouver plus de pitié que quand on égorge un porc pour donner en pâture à tous ces chiens qui rampent. Ces chiens aux dents limés d'usure par cette connasse de vie.
Tu m'as pris ce dont j'avais réellement le plus besoin, connasse, tu sais ? Prends donc aussi mon c½ur qui ne me fait plus souffrir tellement il est éteint. Je n'en veux plus de toute façon, je n'en veux plus. Je n'en veux plus...


Je veux finir aveugle, aveuglée par le reflet du soleil qui ne se couche pas sur la neige blanche immaculée de Laponie. Je veux savoir où s'arrête le monde. On ne peut pas toujours tourner en rond éternellement. Il peut arriver qu'on éprouve un sentiment de perfection telle qu'on ne veut pas aller voir plus loin. Si je fais juste un pas, c'est la chute dans l'océan glacial. Je vais plutôt m'asseoir sur le bord et me laisser dévorer lentement sans n'en rien ressentir. Vide.

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. Rien.
C'est quoi ta vérité à toi ? Que vois-tu ? Je ne t'ai jamais autorisé à me voler. Et alors ? On s'en fout.
Depuis quand suis-je devenue une étrangère ? À ne pas savoir où aller, à ne pas me sentir autorisée à me poser, à n'avoir aucune place.
"La rupture commence. Je ne sais plus où regarder." [Sarah Kane, 4.48 Psychose]
Retour au point de départ ? Comment j'en suis arrivée là ? Réponse : la voilà, la vérité :
MAIS JE N'AI RIEN FAIT !
Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien.



Je voudrais bien hurler mon mal-être.

Mon mal de vivre.

Mais comment l'exprimer ?

Et qui écoute ?


Qui écoute ?


Qui écoute ?


Qui écoute ?


Qui écoute ?


Qui écoute ?



"Suis-je une complication superflue ?
Une droguée occasionnelle." Sarah Kane, Manque

Parle

Parle

Parle

Parle


Parle

Parle

PARLE

P A R L E


Dis-moi la vérité.


Personne ne parle.
Sarah Kane, 4.48 Psychose

Regarde-moi.


Fais de moi ce que tu veux.
"ma soumission finale
ma défaite finale."
Sarah Kane, 4.48 Psychose

Pars pas.
Reviens.
Ne m'élimine pas.


"C'est toujours moi.
Tu l'as toujours su.
Ça ne se contrôle pas.
Comment je t'ai perdu ?" Sarah Kane, Manque

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien.
C'est toujours moi. Je n'ai pas changé. Rien n'a changé.


"Moi je ne peux rien promettre. Je ne veux rien promettre.

Toute réalité se transformera toujours pour moi en tourments."

Lagarce, Nous les Héros.



Je me berce d'illusions, et c'est réconfortant. Du réconfort, voilà ce dont j'ai besoin. De paix. Je me berce d'illusions, à m'imaginer les histoires incroyables que je pourrais vivre. Retourner en Allemagne, et revoir le chanteur de Fjoergyn. Tant de choses qui pourraient arriver, mais qui n'arriveront pas, mais qui forme un épais et efficace rempart contre ma réalité actuelle. Je sais que je rêve, je sais que ce n'est qu'un médicament illusoire, je sais. Mais j'ai toujours fais pas. Jeter mon dévolu sur une personne inaccessible, pour en rêver, plutôt que de rêver de ce qui a vraiment de l'importance. Parce que mes véritables rêves... C'est terminé.


[J'en crève, de ces rêves impossibles, j'en crève...]





"Je te verrai toujours ; je te regarderai toujours".
Maeterlinck, Pelléas et Mélisande.






Selenn








Photo : "Marine 1" de Bonbon-a6dule.
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# Posted on Wednesday, 16 September 2009 at 4:44 PM

Edited on Friday, 06 November 2009 at 7:09 PM